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La « High Tech », très convoitée dans l’insulinothérapie

Les 3 M Maladies

« Le pancréas est la glande qui sécrète de l’insuline. Chez les diabétiques de type 1 (diabète insulinodépendant), l’insulino-sécrétion est déficitaire suite à l’atteinte des cellules pancréatiques qui sécrètent l’insuline. En l’absence de traitement par insuline, le diabète de type 1 est léthal » une définition que tous les diabétiques type 1 doivent connaître, rapporte Dr Zinet Marrakchi Turki, endocrinologue-diabétologue et présidente de la Société Tunisienne d’Endocrinologie, Diabétologie et Maladies Métaboliques.

« Dans le monde, la prévalence du diabète (comportant diabète de type 2 ou non insulino-dépendant et diabète de type 1) est estimée à 8.3%. Elle est en nette augmentation. En Tunisie et en se référant à l’enquête TAHINA, la dernière grande étude épidémiologique dans notre pays, cette prévalence grimpe à 11% et il est fort probable qu’elle se rapprochera des 15% dans les années à venir.

Le diabète de type 1 représente 5 à 10% des diabètes.

C’est une maladie d’apparition généralement brutale, qui associe une polyurie, une polydipsie, une asthénie et un amaigrissement. L’acidocétose diabétique due à l’absence d’insuline et l’hypoglycémie en cas de doses excessives d’insuline sont les principales complications métaboliques aigues à craindre. Les complications dégénératives sont représentées par la microangiopathie (atteinte de la microcirculation) et la macroangiopathie (atteinte des artères de moyen et gros calibre) ».

Les insulines disponibles

« Tout un panel d’insulines existe actuellement sur le marché dont les principalement utilisées sont les insulines humaines et les analogues de l’insuline.

Les insulines humaines se déclinent en insulines rapides et intermédiaires, sont conditionnées en flacons et s’injectent avec la seringue.

Pour les analogues de l’insuline, il y a les analogues rapides et les analogues lents et ils existent sous forme de stylos. Ces derniers sont pratiques, induisent moins d’hypoglycémies et leurs aiguilles sont adaptables selon l’épaisseur de la peau du patient, ce qui est intéressant en particulier chez les enfants.

En plus des flacons et des stylos, de plus en plus de patients atteints de diabète de type 1 sont traités par de l’insuline délivrée à l’aide d’une pompe. La pompe à insuline est un petit appareil de la taille d’un petit téléphone portable. Elle contient un réservoir d’insuline lié à un cathéter se terminant à son tour par une canule introduite en sous cutané. La pompe fonctionne uniquement avec les analogues rapides de l’insuline.

Il s’agit d’un appareil programmable :

– le médecin programme le débit horaire d’insuline sur 24H appelé également la basale qui permet de maintenir la glycémie stable à distance des repas et pendant la nuit.

– Le patient programme le bolus d’insuline qu’il doit s’injecter avant le repas. A l’aide de la technique de l’insulinothérapie fonctionnelle, il apprend à calculer la dose nécessaire selon les nutriments qu’il va ingérer et sa glycémie mesurée avant le repas.

Le patient doit également apprendre à changer le réservoir, le cathéter et la canule tous les 3 jours et à insérer la canule en sous-cutané.

De nouvelles générations de pompes existent actuellement, munies d’options d’un très haut niveau de technologie :

– calculateur de bolus intégré,

– système d’alarme pour l’hypo et l’hyperglycémie,

– système d’alarme et possibilité de stopper l’administration d’insuline au cours d’une hypoglycémie,

– monitorage continu de la glycémie ….

Cette nouvelle technologie a pour but d’assurer le meilleur équilibre glycémique, de limiter les risques liés à l’hyper et à l’hypoglycémie et d’améliorer la qualité de vie des diabétiques.

Globalement, les pompes sont très avantageuses pour les diabétiques de type 1 de tout âge et en particulier pour les petits enfants qui ont une grande sensibilité à l’insuline. Les pompes réduisent la variabilité glycémique chez eux puisqu’elles peuvent délivrer de très faibles doses d’insuline, de l’ordre de 0,025UI.

Seul petit bémol de la pompe est le fait qu’en cas de panne ou de problème avec ce dispositif, on peut basculer très rapidement vers l’hyperglycémie sévère et l’acidocétose diabétique, vu qu’il n’y a aucune accumulation d’insuline en sous cutané.

Pour cette raison, il est nécessaire que l’éducation du patient à l’utilisation de la pompe soit optimale, et que le médecin et le prestataire ayant vendu la pompe soient toujours disponibles en cas de problèmes.

La pompe à insuline est un outil thérapeutique qui suscite de plus en plus d’intérêt, et qui bénéficie actuellement de grandes avancées sur le plan technologique.

Mais en dépit de ses avantages sur la qualité de vie des patients et de son impact important sur l’économie de santé par la réduction des coûts dus aux amputations, infarctus du myocarde et insuffisance rénale, la pompe à insuline ne bénéficie, à ce jour, d’aucune prise en charge par la CNAM. Une situation qui doit inciter à la réflexion !

E.K.L

Dr Zinet Marrakchi Turki,

endocrinologue-diabétologue et présidente

de la Société Tunisienne d’Endocrinologie,

Diabétologie et Maladies Métaboliques.

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